« Du sensible vers l’immatériel : le portrait sculpté dans tous ses états », 23 novembre 2013, INHA

Présentation

Organisatrices de la journée : Marie Dekaeke-Gevart et Claire Garcia

À travers la définition du portrait, « représentation, d'après un modèle réel, d'un être par un artiste qui s'attache à en reproduire ou à en interpréter les traits et expressions caractéristiques »[1], nous sommes aussitôt conditionnés par une vision archétypale fondée sur le rôle mémoriel du genre.

À la fois art public et art privé, le portrait répond à de multiples problématiques qui confèrent au genre une polysémie enrichissante qui peut parfois paraître contradictoire : portrait allégorique, d’apparat, psychologique, caricature, autoportrait, etc. Autant de catégories qui répondent à des attentes et à des conventions propres – représenter la fonction sociale, saisir l’intériorité de l’individu, idéaliser ou parodier une personne – et qui complexifient l’essence du portrait. La question de la perception est alors au cœur de notre propos et repose sur des oppositions entre apparences et réalités ou effigies et silhouettes notamment.

Afin de se détacher d’une taxinomie occidentale, nous nous proposons d’interroger le statut de l’objet sculpté et sa contextualisation. Aborder le portrait sous cet angle permet de soulever la question de son usage et de ne plus considérer « l’objet portrait » uniquement comme une œuvre d’art mais également comme un objet ethnographique et sociologique. Dans cette perspective, quelles places occupent les masques, les marionnettes et les mannequins de cire ? Le portrait est un miroir ; miroir sans tain, qui tente de travestir les émotions, et miroir de l'âme, qui s’exprime sans artifices. Ces portraits sculptés peuvent notamment refléter le goût d’une époque, devenir un outil de satire politique ou servir d’intercesseur religieux.

Relevant de la figure humaine, le portrait est un genre qui s’est renouvelé avec lenteur et difficulté au début du xxe siècle. Comment les artistes ont-ils réussi à s’extraire de la mimésis et comment ont-ils transgressé les codes conventionnels de la représentation ? De l’invisibilité à l’éphémère, en passant par l’immatérialité, les sculpteurs explorent de nouvelles voies pour dépasser les limites du portrait.

Programme (version pdf)

9h45 : Accueil des participants

10h00 : Introduction
Marie Gevart-Dekaeke et Claire Garcia



10h15 : Quelques remarques autour du portrait sculpté en France 1880-1900
Edouard Papet
Conservateur en chef Sculpture, musée d'Orsay

10h45 : Qu'est-ce qu'un portrait de scultpeur au XIXe siècle ? Entre classification et décryptage
Frédéric Chappey
Maître de conférences, université Charles-de-Gaulle Lille III


11h15 : Discussions

11h30 : Pause

11h45 : Sculpture intime : le portrait familial au tournant du XXe siècle
Marie Gevart-Dekaeke
Doctorante en histoire de l’art contemporain, université de Paris Ouest Nanterre la Défense / Ecole du Louvre

12h15 : Déjeuner 

14h15 : Accueil des participants

14h30 : Du portrait sculpté au robot humanoïde, les mutations de l'anthropomorphisme
Thierry Dufrêne
Professeur d’histoire de l’art contemporain, université de Paris Ouest Nanterre la Défense

15h00 : Portraits d'ombres sculpté(e)s, portraits épurés
Claire Kueny
Doctorante en arts plastiques, université de Paris VIII Vincennes-Saint-Denis


15h30 : Le Visage déformé
Itzak Goldberg 
Professeur d'histoire de l'art contemporain, université Jean Monnet, Saint-Etienne

16h00 : Discussion et conclusion

[1]Trésor de la Langue française http://atilf.atilf.fr.